Lumière au néon

Lolita Nabokov« Accordez-moi ce délai, et n’ayez crainte — notre homme ne peut m’échapper. Un peu plus loin, sur le trottoir d’en face, des lumières au néon grelottaient deux fois moins vite que mon cœur : elles traçaient les contours d’une enseigne de restaurant, une cafetière énorme qui, toutes les secondes ou secondes et demie, naissait en une explosion d’émeraude puis s’éteignait, cédant le relais à des lettres roses qui annonçaient « Aux Gourmets », mais l’on pouvait encore distinguer la cafetière comme une ombre latente qui affriandait le regard en attendant la prochaine résurrection smaragdine. »

– Vladimir Nabokov, Lolita, Olympia Press, 1955.

Le moindre atome de poussière

« Comme je les connaissais, ces bibelots de la science minéralogique ! Que de fois, au lieu de muser avec les garçons de mon âge, je m’étais plu à épousseter ces graphites, ces anthracites, ces houilles, ces lignites ces tourbes ! Et les bitumes, les résines, les sels organiques qu’il fallait préserver du moindre atome de poussière ! Et ces métaux, depuis le fer jusqu’à l’or, dont la valeur relative disparaissait devant l’égalité absolue des spécimens scientifiques ! »voyage au centre de la terre

– Jules Verne, Voyage au centre de la terre, le livre de poche, 1864 éd. 1989.

Hurrah pour l’aluminium !

de la terre à la lune

« Eh bien ! alors, que faire ? reprit Elphiston d’un air embarrassé.

– Employer un autre métal que la fonte.

– Du cuivre ? dit Morgan.

– Non, c’est encore trop lourd ; et j’ai mieux que cela à vous proposer.

– Quoi donc ? dit le major.

– De l’aluminium, répondit Barbicane.

– De l’aluminium ! s’écrièrent les trois collègues du président.

– Sans doute, mes amis. Vous savez qu’un illustre chimiste français, Henri Sainte-Claire Deville, est parvenu, en 1854, à obtenir l’aluminium en masse compacte. Or, ce précieux métal a la blancheur de l’argent, l’inaltérabilité de l’or, la ténacité du fer, la fusibilité du cuivre et la légèreté du verre ; il se travaille facilement, il est extrêmement répandu dans la nature, puisque l’alumine forme la base de la plupart des roches, il est trois fois plus léger que le fer, et il semble avoir été créé tout exprès pour nous fournir la matière de notre projectile !

– Hurrah pour l’aluminium ! s’écria le secrétaire du Comité »

– Jules Verne, De la terre à la lune, 1865.

Les Liens Chimiques

Les étranges talents de Flavia de Luce

« Après avoir déchiffré tant bien que mal les équations chimiques telles que K4FeC6N6 + 2 K = 6KCN + Fe (qui décrit la réaction entre du prussiate jaune de potasse qu’on chauffe avec du potassium pour produire du cyanure de potassium), l’univers tout entier s’ouvrit à moi. (…)

Découvrir les liens chimiques qui réunissaient les éléments de la création m’intriguait plus que tout. Je trouvais étrangement rassurant de savoir qu’il existait quelque part une stabilité bien réelle, quoique invisible, dans notre propre monde. »

– Alan Bradley, Les étranges talents de Flavia de Luce, JC Lattès, 2010.

Lectures atomiques à la médiathèque Emile Zola !

affiche 5 lectures atomiquesComme vous le savez, Atome hôtel est attaché à relever des citations atomiques dans des ouvrages littéraires.

Pour aller plus loin, l’équipe d’Atome hôtel présente sa nouvelle exposition sur le thème des lectures atomiques. Ainsi vous pourrez retrouver vos « citations du lundi » préférées dans le tableau de Mendeleïev aménagé plus grand que nature !

Tout le mois de septembre 2014, venez découvrir de multiples ouvrages insolites où les éléments chimiques sont évoqués, imaginés et mis en scène sous toutes les coutures. De Jules Verne à Agatha Christie, en passant par Stan lee, chacun trouvera son atome crochu au pied du tableau.

« Si le mur est formé d’atomes tourbillonnant dans le vide et si je suis moi-même constitué de petits grains séparés par du vide, alors mes propres atomes ont la possibilité de se propager à l’intérieur de la pierre, au travers de ses espaces vides ! Ce mur je dois donc pouvoir le traverser ! »

  • Etienne Klein, L’atome au pied du mur

Comptez sur la présence d’une experte en lectures atomiques tous les samedis après-midi pour en apprendre davantage.

 

La Cane aux oeufs d’or

Histoires mystérieuses Asimov

« Un canular à base d’or véritable ? Rappelez-vous : la première fois que j’ai vu cet œuf, il était recouvert d’une coquille intacte. Je n’ai eu aucune peine à en analyser un fragment. C’était du carbonate de calcium. »

– Isaac Asimov, Histoires mystérieuses, « La Cane aux œufs d’or », 1969.

Attention au fluor

« Je frappais à une fenêtre éclairée, une voix rugissait :

« Qui est là ?

– Le docteur !

– Ah oui ! Je viens ! »

Actuellement, le fluor est presque complétement capté. Il n’en était pas de même à l’époque, et le fluor dégagé par la fabrication de l’aluminium se déposait sur le quartier, poussé par le vent. Un jour, lors d’une de mes visites, j’ai remarqué que les fenêtres d’un logement étaient sales. Or, je me trouvais chez des gens très soigneux. Comme je grattais la fenêtre, ma cliente m’expliqua que le fluor attaquait le verre… j’ai signalé ce fait au chef du personnel de l’usine. Il m’a répondu que ces gens étaient malpropres, et voilà tout. Je lui ai proposé de venir vérifier sur place, mais il ne s’est jamais rendu à mon invitation. Or, il est connu que le fluor détruit la végétation, attaque les animaux, donne la fluorose. » carnets2

Hermann Berger, Carnets d’un médecin de montagne, La fontaine de Siloé, 2008.