Lumière au néon

Lolita Nabokov« Accordez-moi ce délai, et n’ayez crainte — notre homme ne peut m’échapper. Un peu plus loin, sur le trottoir d’en face, des lumières au néon grelottaient deux fois moins vite que mon cœur : elles traçaient les contours d’une enseigne de restaurant, une cafetière énorme qui, toutes les secondes ou secondes et demie, naissait en une explosion d’émeraude puis s’éteignait, cédant le relais à des lettres roses qui annonçaient « Aux Gourmets », mais l’on pouvait encore distinguer la cafetière comme une ombre latente qui affriandait le regard en attendant la prochaine résurrection smaragdine. »

– Vladimir Nabokov, Lolita, Olympia Press, 1955.

Hurrah pour l’aluminium !

de la terre à la lune

« Eh bien ! alors, que faire ? reprit Elphiston d’un air embarrassé.

– Employer un autre métal que la fonte.

– Du cuivre ? dit Morgan.

– Non, c’est encore trop lourd ; et j’ai mieux que cela à vous proposer.

– Quoi donc ? dit le major.

– De l’aluminium, répondit Barbicane.

– De l’aluminium ! s’écrièrent les trois collègues du président.

– Sans doute, mes amis. Vous savez qu’un illustre chimiste français, Henri Sainte-Claire Deville, est parvenu, en 1854, à obtenir l’aluminium en masse compacte. Or, ce précieux métal a la blancheur de l’argent, l’inaltérabilité de l’or, la ténacité du fer, la fusibilité du cuivre et la légèreté du verre ; il se travaille facilement, il est extrêmement répandu dans la nature, puisque l’alumine forme la base de la plupart des roches, il est trois fois plus léger que le fer, et il semble avoir été créé tout exprès pour nous fournir la matière de notre projectile !

– Hurrah pour l’aluminium ! s’écria le secrétaire du Comité »

– Jules Verne, De la terre à la lune, 1865.

Les Liens Chimiques

Les étranges talents de Flavia de Luce

« Après avoir déchiffré tant bien que mal les équations chimiques telles que K4FeC6N6 + 2 K = 6KCN + Fe (qui décrit la réaction entre du prussiate jaune de potasse qu’on chauffe avec du potassium pour produire du cyanure de potassium), l’univers tout entier s’ouvrit à moi. (…)

Découvrir les liens chimiques qui réunissaient les éléments de la création m’intriguait plus que tout. Je trouvais étrangement rassurant de savoir qu’il existait quelque part une stabilité bien réelle, quoique invisible, dans notre propre monde. »

– Alan Bradley, Les étranges talents de Flavia de Luce, JC Lattès, 2010.

La Cane aux oeufs d’or

Histoires mystérieuses Asimov

« Un canular à base d’or véritable ? Rappelez-vous : la première fois que j’ai vu cet œuf, il était recouvert d’une coquille intacte. Je n’ai eu aucune peine à en analyser un fragment. C’était du carbonate de calcium. »

– Isaac Asimov, Histoires mystérieuses, « La Cane aux œufs d’or », 1969.