Hurrah pour l’aluminium !

de la terre à la lune

« Eh bien ! alors, que faire ? reprit Elphiston d’un air embarrassé.

– Employer un autre métal que la fonte.

– Du cuivre ? dit Morgan.

– Non, c’est encore trop lourd ; et j’ai mieux que cela à vous proposer.

– Quoi donc ? dit le major.

– De l’aluminium, répondit Barbicane.

– De l’aluminium ! s’écrièrent les trois collègues du président.

– Sans doute, mes amis. Vous savez qu’un illustre chimiste français, Henri Sainte-Claire Deville, est parvenu, en 1854, à obtenir l’aluminium en masse compacte. Or, ce précieux métal a la blancheur de l’argent, l’inaltérabilité de l’or, la ténacité du fer, la fusibilité du cuivre et la légèreté du verre ; il se travaille facilement, il est extrêmement répandu dans la nature, puisque l’alumine forme la base de la plupart des roches, il est trois fois plus léger que le fer, et il semble avoir été créé tout exprès pour nous fournir la matière de notre projectile !

– Hurrah pour l’aluminium ! s’écria le secrétaire du Comité »

– Jules Verne, De la terre à la lune, 1865.

Les Liens Chimiques

Les étranges talents de Flavia de Luce

« Après avoir déchiffré tant bien que mal les équations chimiques telles que K4FeC6N6 + 2 K = 6KCN + Fe (qui décrit la réaction entre du prussiate jaune de potasse qu’on chauffe avec du potassium pour produire du cyanure de potassium), l’univers tout entier s’ouvrit à moi. (…)

Découvrir les liens chimiques qui réunissaient les éléments de la création m’intriguait plus que tout. Je trouvais étrangement rassurant de savoir qu’il existait quelque part une stabilité bien réelle, quoique invisible, dans notre propre monde. »

– Alan Bradley, Les étranges talents de Flavia de Luce, JC Lattès, 2010.

La Cane aux oeufs d’or

Histoires mystérieuses Asimov

« Un canular à base d’or véritable ? Rappelez-vous : la première fois que j’ai vu cet œuf, il était recouvert d’une coquille intacte. Je n’ai eu aucune peine à en analyser un fragment. C’était du carbonate de calcium. »

– Isaac Asimov, Histoires mystérieuses, « La Cane aux œufs d’or », 1969.

Les atomes que l’on trouve sur soi

memoirs« Nous entrâmes dans la première pièce et nous nous assîmes autour de la table du milieu. L’inspecteur prit alors une petite boîte de fer-blanc fermée à clef et en sortit quelques objets qu’il étala devant nous. Il y avait une boîte d’allumettes de cire, un bout de bougie, une pipe en racine de bruyère, une blague en loutre contenant une once de tabac Cavendish, une montre d’argent munie d’une chaîne d’or, cinq pièces d’or, un porte-crayon en aluminium, divers papiers, enfin un couteau à manche d’ivoire»

– Arthur Conan Doyle, Les mémoires de Sherlock Holmes, « Silver Blaze », 1894

Petite cosmogonie portative

Rayond Queneau« Les nuages se gonflaient chacun à sa façon

l’un était plein d’azote et l’autre de solon

un troisième intrépide avait choisi l’argon

de petits cumuli s’éclairaient au néon

de modestes Kryptons voyaient trente six chandelles

et le xénon n’avait que peu d’identité

le chlore coloré colérait l’hydrogène

tandis que le fluor en esprit virulent

attendait feux et flamme et de faire des spaths

et le mi-tout c’était le poumon oxygène

 

–       Raymond Queneau, Petite cosmogonie portative, Gallimard, 1950.

Le chrome couleur rubis

la vallée des rubis« Les petits sachets classiques de papier blanc contenaient pour moitié des rubis et pour moitié des saphirs. Mais, cette fois, chacune des pierres précieuses portait à l’intérieur, en son milieu, son centre, son cœur, un petit foyer, une sorte d’étincelle plus dorée que l’or le plus vif, plus brillante que le diamant et de laquelle jaillissaient six bracelets, six rayons du même éclat mystérieux. »

– Joseph Kessel, La vallée des rubis, Gallimard, 1955.