… le nickel ainsi produit serait passé dans les blindages…

Je ne pensais pas que, le-systeme-periodique-305263même si le moyen d’extraction que j’avais entrevu avait pu trouver une application
industrielle, tout le nickel ainsi produit serait passé dans les blindages et les projectiles de l’Italie fasciste et de l’Allemagne de Hitler.

 

Primo Levi, Le système périodique, Albin Michel, Paris, 1987 (Pages 88 et 89)

Le pétrole vient-il du plancton en gésine ?

« Il faut se demander maintenant d’où proviennent.
Ces produits essentiels : éthylène et benzène. Le_chant_du_Styr_ne
Ils s’extraient du pétrole, un liquide magique.
Qu’on trouve de Bordeaux jusqu’au cœur de l’Afrique.
Ils s’extraient du pétrole et aussi du charbon.
Pour faire l’autre et l’un l’un et l’autre sont bons.
Se transformant en gaz le charbon se combure
Et donne alors naissance à ces hydrocarbures.
On pourrait repartir sur ces nouvelles pistes
Et rechercher pourquoi et l’autre et l’un existent.
Le pétrole vient-il de masses de poissons?
On ne le sait pas trop ni d’où vient le charbon.
Le pétrole vient-il du plancton en gésine?
Question controversée… obscures origines…
Et pétrole et charbon s’en allaient en fumée
Quand le chimiste vint qui eut l’heureuse idée
De rendre ces nuées solides et d’en faire
D’innombrables objets au but utilitaire. »

– Extrait du texte de Raymond Queneau,
Le chant du styrène
Un court-métrage d’Alain Resnais – 1958

Voir le film sur ma page Facebook.

Lumière au néon

Lolita Nabokov« Accordez-moi ce délai, et n’ayez crainte — notre homme ne peut m’échapper. Un peu plus loin, sur le trottoir d’en face, des lumières au néon grelottaient deux fois moins vite que mon cœur : elles traçaient les contours d’une enseigne de restaurant, une cafetière énorme qui, toutes les secondes ou secondes et demie, naissait en une explosion d’émeraude puis s’éteignait, cédant le relais à des lettres roses qui annonçaient « Aux Gourmets », mais l’on pouvait encore distinguer la cafetière comme une ombre latente qui affriandait le regard en attendant la prochaine résurrection smaragdine. »

– Vladimir Nabokov, Lolita, Olympia Press, 1955.

Le moindre atome de poussière

« Comme je les connaissais, ces bibelots de la science minéralogique ! Que de fois, au lieu de muser avec les garçons de mon âge, je m’étais plu à épousseter ces graphites, ces anthracites, ces houilles, ces lignites ces tourbes ! Et les bitumes, les résines, les sels organiques qu’il fallait préserver du moindre atome de poussière ! Et ces métaux, depuis le fer jusqu’à l’or, dont la valeur relative disparaissait devant l’égalité absolue des spécimens scientifiques ! »voyage au centre de la terre

– Jules Verne, Voyage au centre de la terre, le livre de poche, 1864 éd. 1989.

Hurrah pour l’aluminium !

de la terre à la lune

« Eh bien ! alors, que faire ? reprit Elphiston d’un air embarrassé.

– Employer un autre métal que la fonte.

– Du cuivre ? dit Morgan.

– Non, c’est encore trop lourd ; et j’ai mieux que cela à vous proposer.

– Quoi donc ? dit le major.

– De l’aluminium, répondit Barbicane.

– De l’aluminium ! s’écrièrent les trois collègues du président.

– Sans doute, mes amis. Vous savez qu’un illustre chimiste français, Henri Sainte-Claire Deville, est parvenu, en 1854, à obtenir l’aluminium en masse compacte. Or, ce précieux métal a la blancheur de l’argent, l’inaltérabilité de l’or, la ténacité du fer, la fusibilité du cuivre et la légèreté du verre ; il se travaille facilement, il est extrêmement répandu dans la nature, puisque l’alumine forme la base de la plupart des roches, il est trois fois plus léger que le fer, et il semble avoir été créé tout exprès pour nous fournir la matière de notre projectile !

– Hurrah pour l’aluminium ! s’écria le secrétaire du Comité »

– Jules Verne, De la terre à la lune, 1865.

Les Liens Chimiques

Les étranges talents de Flavia de Luce

« Après avoir déchiffré tant bien que mal les équations chimiques telles que K4FeC6N6 + 2 K = 6KCN + Fe (qui décrit la réaction entre du prussiate jaune de potasse qu’on chauffe avec du potassium pour produire du cyanure de potassium), l’univers tout entier s’ouvrit à moi. (…)

Découvrir les liens chimiques qui réunissaient les éléments de la création m’intriguait plus que tout. Je trouvais étrangement rassurant de savoir qu’il existait quelque part une stabilité bien réelle, quoique invisible, dans notre propre monde. »

– Alan Bradley, Les étranges talents de Flavia de Luce, JC Lattès, 2010.