Il ne s’agit de rien moins que la noire Yuggot

Pluto_by_LORRI_and_Ralph,_13_July_2015

Ces crêtes reculées sont de façon sûre l’avant-poste d’une colonie d’une effrayante espèce cosmique — et j’en doute encore moins depuis qu’une neuvième planète a été découverte au-delà de Neptune, juste là où ces Êtres avaient dit qu’elle serait aperçue. Les astronomes, avec une connotation hideuse qu’ils ne peuvent suspecter, l’ont appelée Pluton. Je crois, sans aucune question, qu’il ne s’agit de rien moins que la noire Yuggoth — et je tremble quand j’essaye de me figurer les raisons réelles qui ont fait souhaiter à ses monstrueux habitants qu’elle soit ainsi découverte, et à ce moment précis.

Mike-Mignola-HP-Lovecraft-Portrait

The whisperer of darkness (Chuchotements dans la nuit)
Traduit de l’anglais par François Bon – Edition points

… le nickel ainsi produit serait passé dans les blindages…

Je ne pensais pas que, le-systeme-periodique-305263même si le moyen d’extraction que j’avais entrevu avait pu trouver une application
industrielle, tout le nickel ainsi produit serait passé dans les blindages et les projectiles de l’Italie fasciste et de l’Allemagne de Hitler.

 

Primo Levi, Le système périodique, Albin Michel, Paris, 1987 (Pages 88 et 89)

La puce de Silicium

 

000983926Cyborg s’arrêta longtemps devant cette frontière : comment lier l’organique à l’électronique, le carbone au
silicium ? Le cerveau est un milieu aqueux ou humide dont la communication fonctionne par la circulation d’ions ; la puce de silicium est un domaine régi par une circulation électronique. Entre les deux systèmes, il n’y a pas de véritable communication ou de câblage réel possible. On pourrait donc au mieux mettre en contact en ne les séparant que par une très fine couche, pour permettre à la puce de mesurer l’activité électrique de la cellule, d’épier ce qui se passe, ses transistors captant des signaux.

Thierry Hoquet, Cyborg philosophie : penser contre les dualismes, Seuil, 2011.

Le pétrole vient-il du plancton en gésine ?

« Il faut se demander maintenant d’où proviennent.
Ces produits essentiels : éthylène et benzène. Le_chant_du_Styr_ne
Ils s’extraient du pétrole, un liquide magique.
Qu’on trouve de Bordeaux jusqu’au cœur de l’Afrique.
Ils s’extraient du pétrole et aussi du charbon.
Pour faire l’autre et l’un l’un et l’autre sont bons.
Se transformant en gaz le charbon se combure
Et donne alors naissance à ces hydrocarbures.
On pourrait repartir sur ces nouvelles pistes
Et rechercher pourquoi et l’autre et l’un existent.
Le pétrole vient-il de masses de poissons?
On ne le sait pas trop ni d’où vient le charbon.
Le pétrole vient-il du plancton en gésine?
Question controversée… obscures origines…
Et pétrole et charbon s’en allaient en fumée
Quand le chimiste vint qui eut l’heureuse idée
De rendre ces nuées solides et d’en faire
D’innombrables objets au but utilitaire. »

– Extrait du texte de Raymond Queneau,
Le chant du styrène
Un court-métrage d’Alain Resnais – 1958

Voir le film sur ma page Facebook.

Lumière au néon

Lolita Nabokov« Accordez-moi ce délai, et n’ayez crainte — notre homme ne peut m’échapper. Un peu plus loin, sur le trottoir d’en face, des lumières au néon grelottaient deux fois moins vite que mon cœur : elles traçaient les contours d’une enseigne de restaurant, une cafetière énorme qui, toutes les secondes ou secondes et demie, naissait en une explosion d’émeraude puis s’éteignait, cédant le relais à des lettres roses qui annonçaient « Aux Gourmets », mais l’on pouvait encore distinguer la cafetière comme une ombre latente qui affriandait le regard en attendant la prochaine résurrection smaragdine. »

– Vladimir Nabokov, Lolita, Olympia Press, 1955.

Hurrah pour l’aluminium !

de la terre à la lune

« Eh bien ! alors, que faire ? reprit Elphiston d’un air embarrassé.

– Employer un autre métal que la fonte.

– Du cuivre ? dit Morgan.

– Non, c’est encore trop lourd ; et j’ai mieux que cela à vous proposer.

– Quoi donc ? dit le major.

– De l’aluminium, répondit Barbicane.

– De l’aluminium ! s’écrièrent les trois collègues du président.

– Sans doute, mes amis. Vous savez qu’un illustre chimiste français, Henri Sainte-Claire Deville, est parvenu, en 1854, à obtenir l’aluminium en masse compacte. Or, ce précieux métal a la blancheur de l’argent, l’inaltérabilité de l’or, la ténacité du fer, la fusibilité du cuivre et la légèreté du verre ; il se travaille facilement, il est extrêmement répandu dans la nature, puisque l’alumine forme la base de la plupart des roches, il est trois fois plus léger que le fer, et il semble avoir été créé tout exprès pour nous fournir la matière de notre projectile !

– Hurrah pour l’aluminium ! s’écria le secrétaire du Comité »

– Jules Verne, De la terre à la lune, 1865.